En cherchant le prix au m² à Lille, vous tombez généralement sur une médiane unique autour de 4 100 €/m². Ce chiffre seul masque 53 % d’écart entre les quartiers, une divergence marquée entre appartements et maisons, et un parc où 10,5 % des logements restent des passoires thermiques. Les cinq chiffres qui suivent sont tous calculés sur les transactions DVF des douze derniers mois.
Entre Vauban et Faubourg de Béthune, 53 % d’écart de prix
Vauban / Esquermes s’affiche à 4 657 €/m² médian sur douze mois, pendant que le Faubourg de Béthune se négocie à 3 047 €/m². Soit 1 610 € de différence par mètre carré au sein de la même ville. Vieux-Lille / Centre culmine à 4 508 €/m² en raison de la rareté des biens dans le secteur patrimonial, Wazemmes à 4 394 €/m², tandis que Moulins et Saint-Maurice / Pellevoisin occupent une fourchette intermédiaire entre 3 626 et 3 836 €/m².
Quand vous comparez deux biens lillois, partez du chiffre par quartier, jamais de la médiane ville. Le détail de chaque quartier lillois est ici avec données DVF et équipements croisés.
L’appartement recule de 2,4 %, la maison gagne 3,3 %
Sur douze mois glissants, l’appartement lillois passe de 4 203 €/m² à 4 103 €/m² (-2,4 %), pendant que la maison progresse de 2 891 €/m² à 2 987 €/m² (+3,3 %). Deux marchés distincts, deux trajectoires opposées. La pression locative étudiante maintient la demande sur les petites surfaces, mais la correction touche davantage les appartements de taille intermédiaire qui s’étaient fortement valorisés entre 2021 et 2023. La maison individuelle, plus rare dans une ville dense, profite d’un regain de demande des familles.
Pour un investisseur, ce décalage change le calcul de rentabilité : un T2 à 4 103 €/m² se loue autour de 13-14 €/m², soit un rendement brut de 3,8 à 4,1 %. La trajectoire baissière (-2,4 %) invite à négocier plus fermement qu’en 2023, notamment sur les biens vides depuis plus de trois mois.
10,5 % de passoires thermiques dans le parc lillois
Sur les 49 204 DPE enregistrés dans l’agglomération lilloise, les étiquettes F et G représentent 5 159 biens, soit 10,5 % du parc. La domination des classes D (36,8 %) et C (32,6 %) reflète un bâti majoritairement construit entre 1940 et 1990, en cours de rénovation partielle. Dans le code postal 59000 (centre élargi), le taux de passoires atteint même 10,8 %.
Un bien F ou G se négocie en moyenne 5 à 15 % sous un équivalent classé C dans le même quartier lillois. Si vous achetez ou vendez ce type de bien, chiffrez la décote de votre logement lillois avant de fixer votre prix.
Fives en hausse de +17,4 % : signal de gentrification à l’est
Fives enregistre la plus forte progression de la ville sur douze mois : +17,4 % pour l’appartement, qui atteint 4 404 €/m² médian sur 372 transactions DVF. Anciennement quartier industriel, Fives concentre désormais des programmes de réhabilitation et attire une clientèle primo-accédante à des prix encore inférieurs à Vieux-Lille. À l’opposé, le Faubourg de Béthune recule de 17,7 % à 3 047 €/m² sur 414 transactions, un signal de fragilité à surveiller.
372 transactions DVF 12 mois
414 transactions DVF 12 mois
Moulins progresse de +6,0 % à 3 836 €/m², Saint-Maurice / Pellevoisin de +4,8 % à 3 626 €/m² : deux quartiers du sud-est qui offrent une entrée de gamme stable, à surveiller pour un investissement à horizon 3-5 ans.
5,0 m² par an au revenu médian local, contre 3,0 m² à Paris
Avec 20 620 € de revenu médian annuel (INSEE FILOSOFI) et un prix appartement de 4 103 €/m², un foyer lillois acquiert l’équivalent de 5,0 m² par an (20 620 / 4 103 = 5,02). À Paris (10 049 €/m², revenu médian 30 420 €), ce ratio tombe à 3,0 m². Lille offre 1,7 fois plus de surface achetable par euro de revenu que la capitale.
Sur dix années d’épargne entièrement orientée vers l’immobilier, l’écart représente 20 m² supplémentaires, soit un studio entier. Pour les acheteurs qui hésitent entre plusieurs métropoles françaises, les prix au m² à Lyon par arrondissement offrent un point de comparaison issu des mêmes données DVF. Comparez votre pouvoir d’achat immobilier avec les 30 grandes villes françaises en partant de votre revenu réel.